Ayant découvert une exposition sur l’automobile au musée Japy de Beaucourt, j’ai décidé d’aller visiter cette exposition avec mon papa. Malheureusement cette exposition a été transférée à Héricourt jusqu’au 12 Octobre. Mais je n’ai pas résisté à la visite et surtout à faire visiter à mon père un musée qui pouvait lui rappeler des souvenir d’enfance. (2€ /personne)
Des souvenirs touchant de mon père parlant de sa grand-mère qui fabriquait des
montres gousset à la maison. Et se rappelant des outils d’horlogeries utilisés par celle-ci.
Le musée Japy retrace de manière étonnante le paysage industriel du Pays de Montbéliard. L’implantation de était surtout établit de façon pécuniaire et non à des fins rationnels. Mais être aussi loin des rivages afin de fabriquer et d’acheminer sa marchandise était un handicap important que même la construction de tramway et route n’ont pas masqués.
De l’horlogerie, les usines Japy ont fabriqués , au fil du temps, des boites à musiques (en concurrence avec l’Epée), vis Phillips, pompe et petit moteur, puis des ustensiles de cuisines, machine à café et moulin a main. Pour terminé par des machines à laver, carrelage et même les fameuses enseignes publicitaires et les numéros de nos maisons sous fond bleus. Jusqu’aux années 80 et la construction de gros moteur industriels et la fin d’une époque morte depuis quelques temps déjà.
Japy c’est l’histoire d’un empire, qui au fil des siècles, de 1777 à 1980-1985, a animé la région du Pays de Montbéliard, comme l’a fait la famille Peugeot. D’ailleurs il y a tant de choses à dire et surtout à souligner que ces deux familles ont contribuées à l’aspect social de leurs ouvriers en créant des cités, soins médicaux, achetant des biens pour les villes, finançant des écoles et même, dans le cas de Japy, les premiers Pompier dans les années 1810-1830.
Curieux constat de voir que dès les année1850, le maillon central de l’entreprise qu’était l’horlogerie était en crise. Les méthodes de travail étaient décriés (l’usine était ouverte 12h par jour et l’on travaillait que 8h et on ramenait souvent du travail à la maison. 1500 personnes fabriquait 400 montres différentes et l’entreprise perdait de l’argent. Bien avant la fabrication en série du début du 20 ème siècle, la comparaison avec l’industrie horlogère américaine était frappante (400 ouvriers fabriquait 1500 montres, un seul type de montre 10h par jour et des bénéfices important à la clé). Mais surtout regret qu’une industrie horlogère soit morte dans la région du Pays de Montbéliard alors qu’elle a fournis les rois, Napoléon et même les premières républiques. Du haut de gamme qui sera trahis par le profit et une mauvaise gestion marketing. Les montres digitales japonaises ou « made in Taiwan » ont tuées cette industrie qui n’a pas sut se renouveler. D’ailleurs dans les réveils il est intéressant de voir un modèle digital Japy “made in Hong Kong” de 1986.
De ce musée, à la visite trop rapide, ont en sort avec un esprit curieux. La vision d’un inventeur qui au fils de ses générations, bâti un empire industriel qui c’est effondré comme un château de carte avec le temps. De voir ses milliers de personnes travaillant pour cette entreprise, cette industrie horlogère qui aurait dû exister encore de nos jours, tellement le savoir faire était grand. De voir surtout cette grande entreprise qui n’a pas vraiment su se renouveler durant la crise des années 70 et la concurrence asiatique dans ses domaines de profit. Un gâchis s’en ressent. Et, avec mon père, l’idée que le même scénario puisse se produire pour Peugeot (qui petit à petit a aussi perdu de sa superbe dans la région pour se concentrer sur la seule usine de Sochaux). Nous a fait froid dans le dos.
Une exposition à voir et même souvent revoir, car elle dresse bien l’histoire de notre industrie et surtout démonter que notre région a un passée riche et qu’elle a donc un avenir aussi fort.