Posted: janvier 23rd, 2012 | Author: Marc Limacher | Filed under: Réflexions Personnelles | Tags: Dédigitalisation, Marketing, Médias | No Comments »
Il y a quelques minutes, la version française du Huffington Post a pris vie avec un éditorial fondateur d’Anne Sinclair. Jamais un média « pure player » dans notre pays n’a eu un buzz médiatique aussi fort. Au point d’inquiéter radicalement la Société des Rédateurs (SRM) du groupe Le Monde. Le choc entre un média traditionnel avec ses valeurs et un média marketing.
« J’attends de voir le côté éditorial. Il n’y a pas de procès d’intention. Mais Le Monde a une bonne image éditoriale et on a peur de l’abîmer. » Explique Adrien de Tricornot, président de la SRM sur 20minutes.fr. Mais c’est surtout la présence d’Anne Sinclair, épouse à la ville de DSK qui inquiète : « C’est au nom du Monde que l’ex journaliste a pris contact avec de nombreuses personnalités pour quelle apportent leur contribution au site. Sans doute parce qu’auprès des blogeurs et du public français Le Monde est plus vendeur car plus connu que le Huffington Post. » Conclu le président de la Société des Rédacteurs.
Le Monde à une image essentiellement créée avec des enquêtes et révélations dans les années 80/90 (l’affaire du Rainbow Warrior par exemple) et reste considéré comme un média sérieux depuis son arrivée dans le paysage français après la Libération. Essentiellement dû à la valeur d’une équipe de journalistes ne souhaitant pas être partisan et visant à faire une information objective. L’ADN du Monde est ainsi fait. Mais, depuis environ 10 ans, le média est devenu un Média de validation. Sans relief.
De l’autre côté Le Huffington Post est un média jeune, né aux USA en 2005, il repose essentiellement, comme souvent dans un média en ligne, sur l’image de son fondateur. Ariana Huffington a un profil similaire à celui d’Anne Sinclair. C’est une personnalité qui a un carnet d’adresse pour faire progresser son média. Madame DSK est une image et cela reste du marketing. Le contenu du site tout le monde le connait : entre people, semi-révélations, opinions et liens d’ailleurs sur le web.
Anne Sinclair est la figure matérialisée du Huffington Post, rien de plus, et elle n’influencera pas la ligne éditorial qui sera assez large dans les opinions. Le succès d’un média sur internet repose sur la personnalité de ses créateurs (voir Rue89 et Slate.fr par exemple).
Posted: octobre 1st, 2011 | Author: Marc Limacher | Filed under: Réflexions Personnelles | Tags: Dédigitalisation | No Comments »

Lors de la présentation de la tablette Kindle Fire, Jeff Bezos, le PDG d’Amazon a parlé de « service » complémentaire à tout l’écosystème du premier libraire du monde. Imitant ainsi Apple dans la démarche.
Premier effet de la (DE)digitalisation de l’économie numérique, qui devrait toucher son plein potentiel d’ici 4 ou 5 ans. Un modèle alternatif s’ajoutant au modèle de la publicité et du E-Commerce (direct et indirect), ayant compris qu’Internet et son contenu gratuit était un outil marketing devant permettre de faire un vrai business matériel. Car aujourd’hui, seul ce qui est matériel a de la valeur, au détriment de ce qui a été digitalisé, qui a une valeur proche de zéro.
Déjà entrevue durant la dernière décennie, ce concept a été critiqué par les médias et les gourous du web, alors que de nombreux exemples démontrent sa réussite. De Bloomberg, en passant par LaFraise, Rue89, Apple et donc Amazon, ses sociétés n’ont pas suivi les tendances et ont imaginé un modèle similaire. (De) digitalisé.
Posted: mai 17th, 2011 | Author: Marc Limacher | Filed under: Réflexions Personnelles | Tags: F1, Internet, réflexions | No Comments »
La nuit dernière, j’ai fait un rêve curieux. Un cauchemar je dirais même. Ce délire prémonitoire me présentait face à un site français de Formule 1 tenu par un robot.
Un site tenu par un robot donc, aspirant le contenu de Google ou des flux RSS pour faire un mix et produire un contenu exclusif pour son portail support. Un site qui aspire les exclusivités des autres pour en faire une synthèse encore plus exclusive et complète. Le rêve des internautes en soif de contenus ! Une véritable ferme de contenus automatique !
Troublé par cette « vision » j’ai fait une recherche sur internet et j’ai découvert deux choses. La première est qu’un site sportif tenu par un robot existe déjà. Mais, heureusement, il ne se contente, pour l’instant que de données bruts et rapides sur une base statistique (voir ici pour en savoir plus). Je suis donc soulagé de constater que le cerveau humain a encore un avenir. Mais, par curiosité j’ai fait une recherche sur mon moteur de recherche préféré pour savoir si un tel robot existe réellement en « open source ». Il existe bel et bien sous WordPress. Furieux, je suis allé courir pour me détendre.
J’espère vraiment qu’un super site de ce genre n’existera jamais pour la Formule. Par respect des lecteurs surtout et par notion de respect humain. Une question d’éthiques logiques…
Posted: mai 1st, 2011 | Author: Marc Limacher | Filed under: Réflexions Personnelles | Tags: Ayrton Senna | No Comments »
Ceux qui me lisent depuis un moment savent que le 1er Mai est spécial. J’ai beau me dire cela fait 17 ans et qu’il ne faut, certes, pas vivre dans le passé, mais je ferme les yeux et retrouve en mémoire Tambourello. C’est comme cela et je pense que désormais cela poursuivra mon âme pour le reste de mon existence.
Ce 1er Mai 1994 sera aussi un tournant. J’étais fan d’un pilote, sa disparition ne m’a pas détourné de la Formule 1. Je l’ai aimé, soutenu Damon Hill (dont le parallèle historique avec son père en 1968 est troublant) et son titre en 1996 m’a comblé de bonheur. Il le méritait. Mais, la Formule 1 a été plus forte que tout. Lisait les histoires de Jean Louis Moncet, Renaud De Laborderie dans Sport Auto. Les dessins de Giorgio Piola et la technique F1 m’ont même motivé pour devenir Dessinateur Industriel. Toutefois, c’est avec les histoires racontés dans les colonnes des magazines (Auto Hebdo, Sport Auto, plus tard F1 Magazine et les livres d’or de la Formule 1) que je suis vraiment tombé amoureux de la Formule 1. D’un amour de vacance, durant un été cathodique, j’ai apprécié ses défauts. Les pilotes passent, les records tombent, les scandales entachent l’image, je m’en fiche, la Formule 1 me captive.
Ayrton Senna aura été le déclencheur de cela. J’aimais les bad boys de type André Agassi, j’ai adoré durant un laps de temps trop court Ayrton Senna. Sans le brésilien, je n’aurais découvert que trop tard cette discipline un dimanche de hasard.
Merci Ayrton…
Posted: avril 2nd, 2011 | Author: Marc Limacher | Filed under: Réflexions Personnelles | Tags: Facebook, Médias, Presse, réflexions | No Comments »
Mercredi, ouvrant mon compte Facebook j’écris ceci : « Réveillé par un combat de chat à 3h16 du matin….tssss. » Quelques mots simples, sans entrer dans le détail et pourtant un constat me frappe. Cette anecdote, qui est habituellement destinée à animer les soirées entre amis, exagérant évidemment le fond et la forme pour faire rire et détendre a été balancée en pâture. Sans âme.
Vous avez déjà remarqué autour de vous cette nouvelle expression : « oui tu l’as mis sur Facebook. » lorsqu’un de vos amis commence à expliquer une de ses aventures ou un voyage. Je constate autour de moi, presque plus personne ne parle de ses choses futiles qui font la vie, ses moments brefs, mais combien même amusant, qui remplissent les soirées entre amis ou en famille. Tout ou presque est déjà sur Facebook. Photos, ruptures, moment de plaisir, soirée etc…Bref notre vie privée, autrefois racontée en OFF, est exhibé sans âme sur le réseau social.
Attention, non pas que je descende de mon cocotier et vient de découvrir la vie sur Facebook, cela fait longtemps que c’est ainsi. Mais, ce que je constate est l’accélération du comportement des personnes autour du « personal offline ». Tout est livré en feeds, sans avoir le bonheur d’avoir été raconté la plupart du temps. Les histoires se perdent dans le sens de l’accélération. Il faut écrire tout de suite ce que l’on fait, pour son réseau. 5min sur son Iphone ? 2 min derrière son écran ? Chaque instant est un prétexte à l’exposition. Mais après ? Une fois que tout a été dit ? Nous n’avons plus rien à dire à ceux qui nous entoure. Car, ils le savent déjà. Alors, ils écoutent poliment ce que vous racontez. Occupant l’espace temps de l’ennuie. Mais ils savent déjà. Certain, peu diplomate vous coupe immédiatement en vous disant la fameuse phrase après le premier paragraphe de votre histoire. « Oui je l’ai vu sur Facebook. » Comme s’il a été le privilégié de l’information avenir, le VIP de vie perso au contraire des autres qui n’ont eu le temps de vous lire. Finalement, nous n’avons plus rien à nous dire en vrai.
Tout doit aller vite, l’information doit être donnée, mais pas le temps de l’expliquer. Une heure de retard est le maximum acceptable, sinon vous êtes laissés sur le côté de la route. Personne ne prend le temps de comprendre, le brut l’emporte sur l’esprit et la réflexion. La consommation est le nouveau mot d’ordre de nos vies. Nous devons être au courant de tout, même si c’est faux. L’affaire Patrick Sébastien invité au mariage de Kate et William est un exemple. Ecrit en grosse lettre dans TéléStar le Lundi, elle sera démentie timidement le mardi sur internet. Mais, pour la majorité des gens, Sébastien est invité au mariage. Alors que non. Le démenti est dans l’oubli, le papier gagne par son sérieux. Le digitale reste marginale, car trop rapide. Recouverte par une autre information, noyer par une autre brève buzz people sans importance, mais vitale pour nos discussions quotidiennes.
Je le constate dans mon activité. J’ai débuté lentement, avec un billet quotidien sur mon blog, puis j’ai contribué à cette accélération de l’information en augmentant le nombre de ma production journalière, pour ma propre satisfaction ? Je ne sais pas vraiment. Mais cette information en 2009 n’est plus la même en 2011. Celui qui garde pour lui l’info est un loser désormais. Je comprends que les informations doivent être analysées, décryptées à la vitesse d’une Formule 1 à Monza. Il faut réagir vite, mais l’information brute, inutile et vide de sens reste privilégiée. Le coup du « j’ai vu sur un site l’affaire du mini-kers de Red Bull aujourd’hui », alors que je l’avais largement couvert la veille est représentatif des comportements. Les lecteurs sont perdus dans le flux de l’information. Cela va trop vite pour eux aussi et le dernier qui parle à gagner pour eux. La prime est rarement au premier dans ses conditions là. C’est bizarre.
Notre tolérance à la patience médiatique n’a plus de sens aujourd’hui. Nous voulons tout, tout de suite, comme des gamins trop gâtés. Nous voulons savoir ce que font nos amis, avant d’attendre qu’il nous le raconte. Nous voulons avoir la dernière information et l’explication qui va avec dans l’heure qui suit la publication. Nous souhaitons croire le storytelling que nous lisons, alors qu’il est faux mais inaudible. Vite vite vite mais, le virage ? Nous sommes en ligne droite constante. Reste que lorsqu’un virage arrive à proximité, le crash n’est pas loin. Et, souvent la déception, le sentiment de trahison l’emporte. Du genre : « Téléstar m’a déçue sur ce coup là. » ou encore « je ne comprends pas ce que veux dire Marc par « âge d’or – déclin. » Ou encore le fameux « LOL » sur les réseaux sociaux, qui ressemble de plus en plus à un « ma pauvre ou mon pauvre…tu es nul. »
Reste la grande question : que ce passera-t’il si l’on ralentit? Certain estime que le premier qui ralentit, a gagné. Mais, je pense qu’il est trop tard. Si vous ralentissez aujourd’hui vous êtes mort. Mais, pourquoi ne pas temporiser de temps en temps. Le monde a besoin de respirer, il fait beau, chaud, le printemps est déjà là. Utopie totale, car dès Lundi la semaine mythomane de certain continuera, tandis que le sifflement des balles traçantes de l’information vont continuer à siffler de plus belle. Cumulant BUZZ inutile et des story’s que tout le monde aura oubliée 24h après.
Paradoxe d’une information qui est de plus en plus rapide et qui doit être de plus en plus expliquée. Mais vite, sans tarder. Il existe une demande, marginale encore. Mais elle existe et tendra à se développer de plus en plus. Nous entrons dans une nouvelle ère. Toutefois….
Nous ne sommes pas loin d’une hernie mentale…