Leçon de management : Sortir du chemin critique

Depuis que j’ai développé ma petite carrière de dirigeant de club, j’ai côtoyé nombreux entraîneurs et directions de club. L’occasion de divulguer quelques leçons que j’ai apprise sur le terrain depuis 7 ans.

La période de Juin est souvent associée à celle du changement pour une équipe. Un nouvel entraîneur vient prendre ses nouvelles responsabilités et découvrir son nouveau collectif. Mais très souvent il se passe le même acte de la pièce de théâtre : la partie ou, subtilement ou non, il a tendance à critiquer son prédécesseur. Le fameux « cela va changer », qui alors qu’il s’annonce comme une perspective d’évolution, est en réalité une critique non constructive. En fait, cette critique lui permet de vanter son propre potentiel et ainsi promettre un monde meilleur à sa nouvelle équipe et même à ses nouveaux dirigeants. Derrière cela, cette attitude sert son égo en se présentant comme le sauveur d’une situation, qui naturellement, ne pouvait pas être satisfaisante avant son arrivée à la tête de l’équipe, vu que le coach précédent est parti.

Tout étant toujours dans les détails en matière de communication, la manière dont un nouvel entraîneur traite son prédécesseur en dit davantage sur le premier que sur le second. Mais attention, s’il fait preuve de classe, il révèle qu’il est intègre et prendra des décisions en fonction de critères non pas émotionnels, mais objectifs.
Plus important, il montre qu’il ne se nourrit pas de l’échec (virtuel ou réel) des autres mais de sa propre réussite et qu’il à la volonté de montrer ses qualités par ses actes et non par des OFF de coulisse ou dans l’autocongratulation mal placé.

Ce que j’ai remarqué sur une poignée d’entraîneur est que leur message sur l’esprit d’équipe qu’ils entendent cultiver est un double message :

• Ceux qui critiquent pour vanter leurs propres mérites relèvent d’une manœuvre classique et il faut y être insensible. Le meilleur moyen de servir l’intérêt d’un collectif sportif est d’améliorer ses performances et non être médisant en détruisant psychologiquement l’autre.
• Un détail très important est que si un entraîneur critique son prédécesseur, c’est aussi le travail décisionnaire de son club qu’il remet indirectement en cause. Et oui un club et son organisation est solidaire dans les bons comme dans les mauvais moments. On gagne ensemble et on perd aussi ensemble.

Les bons entraîneurs sont capables d’injecter leur ADN dans l’équipe. Non pas en faisant table rase, mais ayant à l’esprit que cela peut améliorer l’efficacité du collectif. Chacun dispose de son passée et la démarche est de construire sur l’expérience et non pas en détruisant celle des autres. L’erreur de la plupart des entraîneurs moyens est qu’ils ont tendance à oublier qu’une équipe est une évolution continue par détail et non pas un chantier nouveau auquel il faut refaire les fondations à chaque fois qu’un changement s’opère. Surtout si les résultats ont été visible la saison précédente.

Enfin, la posture est l’aspect le plus important pour un nouvel entraîneur découvrant son équipe : Son comportement dans les premières minutes et de son intégration est toujours décisif. A la fois lors de sa présentation, que lors de son premier entrainement. Vous avez le droit d’être stressé (surtout si vous débutez à ce poste par exemple), mais si vous avez préparé votre discours et votre séance et que vous ne donnez pas l’impression de vous imposer d’une manière ou d’une autre. Vous avez gagné la première partie.
La seconde sera d’obtenir les résultats.

Féminisation – le fracas des mondes

Depuis plusieurs semaines, lorsque je me présente auprès de partenaires, un mot revient systématiquement : « féminin ». A partir de là, un regard entendu, un rictus malicieux et un silence intervient.  Je dédramatise la situation par l’humour, souvent par automatisme. Mais la situation est assez révélatrice pour montrer les progrès à faire.

En créant un club de handball 100% féminin en juillet 2017, le Pont de Roide Vermondans Handball, des clubs mixtes, avec une politique mixte, ont revendiqué des aspects féminins (qu’ils ont réellement d’ailleurs) par réaction. Dès la naissance du projet PVH, l’objectif d’avoir une filière 100% féminines c’est imposé comme une évidence et un défi, dans une région ou le Handball est masculin. Sur 1800 licenciés sur Belfort – Héricourt – Pays de Montbéliard, moins de 500 sont des jeunes femmes. C’est peu.  Trop peu. Le projet que je mets progressivement en place a une destination symbolique : Mon poste de président sera un poste de présidente à terme. L’obsolescence est programmée et j’en suis le premier ravis.

Des paroles aux actes. La féminisation est encore un outil de communication. Une bonne action même. J’ai participé à plusieurs manifestations sur le sujet et l’analyse finale reste la même : « oui, oui il faut le faire, c’est important, c’est l’avenir. » le jour même l’échange est là, mais le lendemain on passe à une autre cause et chacun reste dans sa chapelle de peur de perdre ses territoires de conquête. C’est cela qui me chagrine.  Malgré les manifestations de bonnes intentions, la volonté de bien faire. Cela reste des déclarations. Une voix au milieu d’un désert luisant de regard curieux. Mais au fond cela reste une guerre sourde.

Si l’avenir du PVH sera bien aidé par une structuration et un cahier des charges fédérales organisés, cela n’est pas vraiment le cas dans le domaine du rugby féminin. Cette discipline souffre d’un manque de reconnaissance, alors que les résultats sont là, que des efforts importants ont été faits en termes de communication. Que le jeu est intéressant, surtout à 7. Mais l’image de violence  fait mal. Lors d’un échange avec l’équipe de Valdoie de Handball, les parents venant par curiosité au stade ont eu peur. Alors qu’il n’y avait rien de terrible. Ce n’est pas plus terrible que le handball. Mais l’image véhiculée par le rugby masculin et même pire, la masculanisation du jeu féminin démontre le chemin à parcourir. Je suis probablement le seul à le penser, mais j’estime que le jeu à 15 féminins est une anomalie. Le jeu à 7 est l’avenir pour les féminines.

Pourtant je salue les efforts de la fédération pour démocratiser la discipline auprès du public féminin (le rugby à 5 au touché par exemple qui est une piste de développement qui ne doit pas être séparée). Longtemps le Handball féminin a voulu copier les garçons, avant d’imposer son jeu plus tactique et moins physique. Longtemps le Tennis a voulu copier les garçons, avant dans les années 70 imposer son jeu plus tactique et moins physique. Tout le monde moque les scores de « tennis » du football féminin, mais le jeu est plus tactique et moins physique. Voilà c’est dit. Plus tactique et moins physique.  Une chose m’a choqué dimanche sur le bord du terrain. Le jeu proposé par notre équipe de Rugby, dont je suis aussi le dirigeant à Belfort, était moderne, adapté. Plus rapide aussi. Mais en face, la puissance et le jeu classique à 15 l’a emporté. Une mauvaise nouvelle finalement. Bruce Lee, dimanche n’avait pas raison en affirmant que « Remarquez que l’arbre le plus robuste cède facilement tandis que le bambou ou le saule survie en pliant sous le vent. »

L’avenir du Rugby Féminin en région à un long chemin à parcourir. La réussite passera par la succession d’échec. L’avenir du PVH passera par l’innovation et le temps. En réalité le futur de ses deux disciplines passera par l’imposition d’une organisation, d’un jeu et d’une nouvelle image.

La féminisation n’est pas d’imposer des quotas, de sexualiser la communication et de la limité à ses résultats, d’imiter les hommes, voir d’attendre le temps qui passe pour s’imposer, mais d’inventer son avenir. De prendre confiance en soi et de montrer son soi. Des actions ont été faites par le passé. Remarquable d’ailleurs. Il faut s’en souvenir sous peine de revivre la même histoire. Sans avancer.

Innovation vs manque de résultats

Dans le sport amateur, la place à l’innovation est très faible. Pour ne pas dire ridicule. Elle est surtout ponctuelle. Présente sur le terrain, voir dans la communication, mais la sécurité prédomine dans le sport amateur, par manque de formation et surtout par manque d’un management d’expérience. Reste une constante : si les résultats sportifs ne sont pas à la hauteur, voir décevant, l’innovation n’est pas bien perçue. Il est ainsi très difficile dans ses conditions de faire des initiatives novatrices qui soient acceptés.

En effet lorsque la performance n’est pas visible, l’innovation est directement blâmé comme étant une (voir la) cause de l’échec. Le discours de la peur l’emporte, estimant que les énergies doivent être dépensées ailleurs. L’intimidation intellectuelle fait entrer les initiatives dans un cercle de raison.

Le diagnostique dans ses conditions est le plus important, tout comme le dialogue. L’innovation est un atout, un éclairage et une pensée d’ouverture qui s’enrichie par elle-même. C’est aussi un investissement sur le long terme qui sera bénéfique sur le temps long. L’erreur est d’être dans un temps court, redéployant ses énergies sur des secteurs structurels. Alors qu’il suffit de laisser l’innovation s’impliquer dans tous les secteurs de la structure pour la renforcer.

Lancement du programme #TomorrowPursuit

Faire découvrir, expliquer et s’attacher au contexte pour raconter l’histoire des structures profondes du sport business et tout particulièrement de la Formule 1. Depuis 2005, ces valeurs ont été la marque de fabrique de TomorrowNewsF1. Souhaitant prolonger l’héritage de cette aventure majeure dans ma vie professionnelle, je souhaitais appliquer ces valeurs au monde réel et élargir son application, via ma modeste implication bénévole auprès d’associations sportives.

Aujourd’hui je lance un programme de 100 jours : #TomorrowPursuit, qui est destiné à soutenir financièrement trois programmes pour les clubs de l’EMBAR, Palente Besançon Handball et le Hand Ensemble Besançon.

Ce programme vise à  faire découvrir, expliquer, soutenir et encourager de petits projets par mon action bénévole,  en accordant des dons en argent  en fonction du nombre d’heures que je consacrerais à chacun jusqu’au mois d’Avril 2017, soit une modeste sommes de 5 euros/l’heure.

Une page Facebook sera créée prochainement.