Le sport face à la tentation de la fiction

Prendre le temps et sa voiture pour aller faire une activité encadrée n’est plus une habitude. Le sport ne peut plus ignorer la menace à laquelle il est confronté par d’autres formes de divertissement, à une époque où le choix limité et la découverte accidentelle ont cédé la place à une lutte acharnée pour l’attention.

Les sondages s’enchainent, les français souhaitent reprendre le sport, toutefois, la rivalité entre les disciplines collectives (Football, Rugby, Handball, Basket et Volley) à l’arrivée des beaux jours est une posture utile, mais finalement assez futile. Nous allons dépenser de l’argent et beaucoup d’énergie pour espérer conquérir de nouveaux licenciés. La pandémie touchant le sport français a fait chuter de 30% le nombre de licenciés et chaque grande discipline collective et individuelle utilise ce moment pour se restructurer afin d’être plus efficace à l’avenir.

Malheureusement cette rivalité focalise les sports les uns par rapport aux autres, comme un miroir comparatif. Mais le seul rival auquel nous avons affaire est la fiction. Nous sommes absorbés par la fiction, replié sur nous, consommant des fictions à volonté devant nos écrans, des fictions informatives sur les réseaux sociaux et des fictions politiques et nos fictions du quotidien avec un emploi du temps débutant à 6h et se terminant à 18h depuis plusieurs semaines. Dès que nous avons peur, nous nous replions sur nous même pour nous refugier dans un foyer qui s’est transformer en un univers qui nous rassure et qui nous occupe pour un coût relativement faible.

Une série Netflix sur une joueuse d’échec a fait exploser l’achat et les renseignements des jeux d’échec. Voilà le rival principal des sports. C’est contre qui chacun est en compétition. L’engagement est devenu différent, la fiction a pris le dessus. Les sports amateurs ne s’adressent plus à une communauté, mais désormais doivent s’adresser à une audience, ou devenir de véritable marque.