Critique Ciné – Année 2020

Durant l’année 2020 j’ai été voir 7 films (dont 3 sur Netflix), cumulant une note  de 7.85/10 Avec toutefois des grands écarts entre les films Netflix que j’ai trouvé moyen et ceux découvert au cinéma. Il y a donc eu de belles surprises, mais aussi déceptions.

La meilleure note de l’année : Tenet, The Gentlemen et 1917 avec 10/10.


Bronx (Netflix) – 0️⃣5️⃣/1️⃣0️⃣ – cela partait d’une bonne intention, d’une écriture nerveuse, d’une photo léchée et puis tout bascule. Un environnement ou les héros bossent et toi tu chopes le typhus, tout le monde trompe tout le monde (au propre comme au figuré), les méchants ne sont pas vraiment les vraies méchants et la justice est lointaine. Un point à l’horizon. Certaines scènes gratuites étaient dispensable, tout comme la fin rebondissante. Le mystère c’est aussi ne rien montrer. 

Tenet – 1️⃣0️⃣/1️⃣0️⃣ – une expérience. Sous couvert d’un film d’espionnage l’histoire évolue vers le fantastique avec un thème de fond : quelle est notre réalité ? Notre temporalité allant de l’avant que nous vivons tous ou celle inversé destiné à faire de nous une personne meilleure… voilà l’expérience de ce film qui met en avant les deux religions de notre société. Le point d’orge étant le son au cinéma. Spatiale normalement et surgissant du sol pour la temporalité inversé. Prenant et une deuxième séance s’imposent pour les détails.

The Old Guard (Netflix) – 0️⃣5️⃣/1️⃣0️⃣ – j’ai mis du temps à le voir car je suis pas convaincu de l’orientation que prends notre chère Charlize Theron depuis un moment. Si le potentiel est là, le rythme du film est trop lent, trop de blabla, pas assez d’action et une explication vite fait à la fin. Le 3ème acte est seul digne d’intérêt, mais faut pas trop chercher l’action promis…

The Dirt (Netflix) – 0️⃣7️⃣/1️⃣0️⃣ – L’histoire du groupe de glamour rock Mötley Crüe dans les années 80. Mode Sex, drogue et Rock n Roll cette histoire peine à cacher le manque de fond et les détails qui rendent tout l’ensemble intéressant. Il n’y a que des brides. Les chansons arrivent comme ça, les drames ne sont guère touchants, l’humour sauve une histoire qui résume un groupe qui n’avait rien à dire et faisait cela pour les filles et l’argent. Dommage, mais y a du bon son sinon !

The Gentlemen – 1️⃣0️⃣/1️⃣0️⃣ – Une pépite ce film vu en VO sous-titrée. Tres bien écrit, avec une intrigue vraiment de bon niveau et des acteurs qui profitent pour se faire plaisir avec des vannes vraiment drôles (Phu-Ck ? mais cela se prononce Fuck, par exemple), le dernier film de Guy Ritchie arrive même à s’auto parodier sur les 10 dernières minutes sur un petit kiff, qui finalement est un clin d’oeil au film dans son ensemble. Un petit bijoux, de petit film. Un kiff quoi.

1917 – 1️⃣0️⃣/1️⃣0️⃣ – Rarement un film inspire un sentiment de tristesse une fois le public sorti de la salle. Sam Mendes a réalisé une œuvre magnifique mettant l’accent sur les émotions des personnages ( via les mouvements caméra). Leur sentiments et espoirs. Les décors passent par tout ce qui ressemble à l’enfer (le calme, le charnier, le feu, la mort tout le temps présente etcc). La scène de nuit avec le feu est juste prodigieuse et puis il y a cet arbre. Au milieu de nulle part et toujours dressé. Un dernier espace de vie et d’énergie positive après la tristesse…

Bad Boys for Life – 0️⃣8️⃣/1️⃣0️⃣ – Le problème de ce genre de film c’est qu’avec le temps (25 et 17 ans), il est devenu un souvenir d’adolescence, que même la récente diffusion des deux opus ne peu gommer. C’est totalement sur cela que surfe ce troisième opus. Une évolution intelligente de l’histoire, Martin Lawrence acteur de vannes métas très amusantes, des séquences spectaculaires. Bref un bon film. Dommage que l’on veuille en faire une franchise à l’avenir, ce que nous laisse entendre la fin…. Il fallait peut-être rester sur cette bonne note.

La post-vérité


Prenons l’exemple de la réaction de Donald Trump lors de la crise Covid-19 sur Twitter en Avril 2020 : « Libérez la Virginie et sauvez votre formidable 2ème amendement, il est assiégé. » ou « Libérez le Michigan ! ». Le désormais ex-président exhorte le 2ème amendement de la constitution américaine comme argument pour lutter contre le virus. Le rapport entre le droit de porter une arme, créer des milices pour contribuer à la sécurité des Etats-Unis et contrer un virus ?
Une interprétation narrative.
Pourtant, il est estimé aux Etats-Unis, que le virus et ses remèdes sont des atteintes à la liberté, car les magasins, entreprises ne voulaient pas fermer boutique.
Les Tweets étaient un message de soutien ?

Récemment, des citations de hauts responsables nazis sont largement exposé sur les réseaux sociaux. Sauf qu’elles sont fausses. En d’autres temps, que ce soit une citation d’un dirigeants nazis ou même le fait de prendre les armes contre un virus n’aurait pas été pris au sérieux.
Mais nous pensons désormais autrement.
Nous admettons que des éléments peuvent être falsifié (la forme) et nous détournons le fond, en le considérant comme authentique, car il répond à nos réactions. Pour le cas des citations Nazis, la forme (c’est-à-dire le fait d’exposer une citation d’un dirigeant nazi) a moins d’importance que les mots (donc la citation).

Nous comprenons instinctivement que cette narration ne relate pas des faits, mais véhicule un message. Nous ne nous positionnons pas face aux faits, mais face au message et surtout au niveau de notre compréhension.

Cette interprétation est une évolution du Storytelling. Nous ne cherchons plus à raconter des histoires, car il n’est plus nécessaire de convaincre. Le Storytelling post-vérité s’adresse à notre façon d’interpréter un message, en devenant complice.

L’inondation de zone (et comment reconnaître une Fake News)

A l’heure du confinement, l’environnement est propice à répandre de fausses infirmations. Nous vivons dans un écosystème médiatique qui submerge les gens d’informations.

Certaines de ces informations sont exactes, certaines sont fausses et une grande partie est intentionnellement trompeuse.
La raison derrière cette fabrique de fausses informations tire d’un constat venant en droite ligne de nos pratiques depuis quelques années sur les réseaux sociaux : Nous consommons.

Pour beaucoup de gens, consommer ce type d’informations n’est pas exactement un déni de vérité en tant que tel. C’est plutôt une lassitude croissante face au processus de recherche de la vérité. Et cette lassitude conduit de plus en plus de personnes à abandonner l’idée que la vérité est connaissable. En cela un climat sceptique quant à la possibilité de trouver la vérité s’installe.

La majorité de la désinformation visuelle à laquelle les gens sont exposés implique des formes de tromperie très simple. Une technique courante consiste à recycler d’anciennes photographies et vidéos pour les présenter comme preuves d’événements récents. Cette forme de désinformation peut être particulièrement dangereuse, car les images sont un outil puissant pour influencer l’opinion populaire et promouvoir de fausses croyances. La recherche psychologique a montré que les gens sont plus susceptibles de croire à des déclarations anecdotiques vraies et fausses, telles que « les tortues sont sourdes», lorsqu’elles sont présentées à côté (ou sur une image). Une image = un like ou un partage.

Idem pour les vidéos vous dévoilant un secret. Une information que l’on vous cache, que des politiques vous cachent et que tout ceci provient d’une force capitaliste qui a une mission secrète. Une sorte de RSE du mal. Ce type de vidéo débute par une vérité que vous pouvez vous-même vérifier sur internet, souvent via un article d’un média réputé et étranger (traduire c’est dur). Puis ensuite vous dire que ce n’est pas un complot, que tout est vrai, mais le ton change, le débit de la voix est accéléré et insistant lorsqu’il faut aborder le cœur du propos. Qui lui est manipulé. Sachez que lorsque l’on ment, notre regard est moins fixe et notre débit de voix est différent. Le but de ce type de vidéo n’a pas un but de vendre une idéologie ou une vision de l’avenir obscure. Non. L’objectif est de convaincre les gens que la vérité est inconnaissable et que le seul choix judicieux est de suivre sa propre image de soi. Celle du leader qui est en toi.

En communication cela s’appelle une « inondation de zone ». Une course au contenu, le besoin de clics, exploitant notre faiblesse à l’immédiateté et renforçant l’image de confiance que nous avons auprès de nos amis sur les réseaux sociaux.

Leçon de management par José Mourinho

L’éviction de José Mourinho, coach de Manchester United, juste avant le Boxing Day, montre l’état profond d’un symbole qui peine à se renouveler.

La carrière du Spécial One est une carrière en deux temps. Une première phase, dans l’aspiration de sa première ligue des champions avec le FC Porto et la seconde après le Real Madrid. Dans un premier temps, l’homme a été l’incarnation de la révolution. Nouvelle méthode d’entrainement, d’échauffement, de management et la culture de la gagne et de la confiance en soi à tout les niveaux. L’homme, sur de lui, arrivait en costume au bord du terrain et l’ensemble devenait soudainement obsolète

Puis l’homme est devenu le personnage de la relance. Mourinho n’est pas devenue la caricature de ce qu’il était. Il répondait à une logique court terme du résultat. La culture de la gagne à l’image de notre société d’aujourd’hui : Tout et tout de suite.  Champion d’Italie avec l’Inter Milan en 2010, Champion d’Espagne avec le Real Madrid en 2012, champion d’Angleterre avec Chelsea en 2015. Particularité : à chaque seconde saison, le titre est remporté.

Sauf que la culture de la gagne est un ressort qui peut être usé sur 18 mois environ, mais pas sur le long terme. Tout le monde fait des efforts (ou crois en faire), mais la pression est toujours là. Donné par l’entraineur. Au point qu’il se met une pression lui-même plus forte et qu’il la transmet à ses joueurs. La déshumanisation absolue imposée dans le silence et l’aversion auprès de l’entraineur. La période n’est plus dans l’échange, mais dans la contrainte. Et le ressort casse.

Notons qu’après le passage du portugais, Chelsea a remporté son unique ligue des champions et le Real Madrid a enchainé les titres dans la compétition européenne. Avec d’autres personnalités d’entraineurs plus empathiques.  Le Spécial One met en place, instille une culture, obtient les résultats à court terme, mais n’est plus l’homme pour faire durer. L’homme de l’après.  Il s’est enfermé dans cette image de l’entraineur payé hors de prix, mais qui n’aura une durée de vie que de deux saisons.

La structure des films Marvel

Après avoir fait une soirée Thor (Thor, Le monde des ténèbres et Ragnarok), un détail m’a sauté aux yeux : la structure des films et la structure de la trilogie en elle-même. La même pour chacun des films Marvel depuis 10 ans.

Depuis Iron Man sorti en 2008, jusqu’au dernier Ant Man et la Guèpe, l’ensemble des films Marvel ont une impression de déjà vue. C’est une critique que l’on retrouve assez souvent du côté de la Maison des Idées. Elle est d’ailleurs montrée comme un axe du déclin. Toutefois, le succès tiens aujourd’hui sur le charisme des acteurs et leurs histoires indépendantes.

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Les premiers opus n’ont que 2 méchants, souvent un qui cache l’autre. Ce premier numéro est une initiation et une découverte de son nouveau soi. Le second opus présente 3 méchants. Un représentant le passée, l’autre le présent et un autre illustrant le futur. Ce deuxième film a pour thème la confrontation d’une nouvelle réalité suite à une série de désastre personnel. Enfin le troisième opus présente 4 méchants. Le premier va résoudre le problème contre le deuxième, ce deuxième antagoniste étant le plus important de l’histoire apparait deux fois. Enfin le 3ème est un leurre et le 4ème est souvent un faux adversaire. Cette illustration représente dans ce troisième film la fin d’un monde pour le personnage et l’ouverture vers un avenir obscure.

  • 1er opus : 2 méchants (1 qui cache l’autre)
  • 2ème opus : 3 méchants (1 du passée, 1 du présent et 1 du futur)
  • 3ème opus : 4 méchants (le premier qui va tuer le deuxième, un troisième qui cache le quatrième est sera un allié).

La structure des Avengers est assez similaire. Les trois opus représentent le point d’orgue de chaque phase. Le premier numéro de 2012 est aussi une découverte d’une équipe et d’un ensemble. Le second (2015) illustre assez bien la notion d’une nouvelle réalité et le désastre du groupe avenir. Enfin le dernier (2018), présente la fin du monde tel que nous l’avons connu.

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Les troisièmes opus d’Iron Man, Captain America et Thor avec les 4 méchants sont une représentation des 4 cavaliers de l’Apocalypse. L’apocalypse étant illustrée par Thanos. La fin de Thor Ragnarok en était la parfaite illustration.