Catharsis War

Environ 4 millions d’individus dans les rues de France pour affirmer leur valeur, au même moment la guerre des mots avait débuté en coulisse. Pour devenir aujourd’hui le sujet « du jour d’après ».

Le monde est fait de rivalité entre le bien et le mal. La Guerre Froide était un affrontement idéologique entre le monde libre et un monde ayant une autre conception de la société. Puis le monde c’est petit à petit déconstruit depuis vingt ans. Laissant place à une guerre économique, mais aujourd’hui nous somme entrés dans une guerre des mots. Plutôt une guerre catharsis.

Les événements de ces premiers jours de Janvier me renvoie à mon ressenti personnel sur la situation. Je sentais bien que certains mots devenaient de plus en plus communs, noyés dans le vocabulaire sans ne plus choquer personne. Que le premier degré devait être expliqué. Mais surtout que nous sommes définitivement entrés dans l’ère du StorySpinning. Ce qui est très inquiétant.

Face aux discours puissant misant sur les émotions des individus, le doute, la colère, le déni etc… il n’y a rien s’opposant.

Les experts médiatiques envahissants nos médias n’ont plus un discours argumentaire efficace. Noyés dans les conflits d’intérêts, ils sont perçus comme des messagers de leurs propres boutiques ou pour le compte d’un tiers. Des hommes de paille. Ce qui a permis à des théories du complot de se nourrir des événements du 7 Janvier.

L’efficacité de ces discours alternatifs tient dans le récit. Ces théories ont le pouvoir de présenter des enjeux complexe sous l’angle d’une intrigue facile à comprendre et faisant résonner des émotions de peur le plus souvent ou du secret. Le secret qui fait fantasmer depuis longtemps les romanciers. Hier j’écoutais RTL qui faisait la promotion d’un livre relatant l’histoire d’un service secret français qui se transformait en ETAT PROFOND, à savoir un gouvernement fantôme qui influence la vraie politique. Un récit connu des complot made in USA. Vous verrez que le livre marchera.

Le principal problème face à ces communications alternatives est que « les faits font parler, mais les histoires font vendre. »  Le récit litanique a toujours été la seule alternative à ce discours alternatif (extrême, complot ou religieux), mais cela ne fonctionne pas. Cela n’a jamais fonctionné.  Je peux dire que je suis un militant du droit de la femme de choisir leur vie. C’est une évidence, tout le monde sera d’accord avec cela. Mais mon discours ne vous ferra rien. Mais Zemmour dira le contraire, son discours sera entendu, car il raconte une histoire et non une litanie. On ne combat pas sur l’intellect.

C’est une guerre catharsis qui nous attend entre plusieurs mondes. Des ombres sans frontières avec un discours d’influence que notre société laïque subira encore et encore. Voilà le nouveau théâtre du conflit. La France a été le diamant brillant éternel de liberté d’égalité et de fraternité. Elle l’a démontrée de la plus belle manière…Un diamant doit rester éternel.Fantôme de lumière

L’humour et la dictature du premier degré

En matière de communication il m’arrive de faire des erreurs et d’oublier un détail important. Le pouvoir du premier degré dans notre communication sociale.

Je suis un être qui communique surtout avec le second degré (demandez à mes correspondances lisant des objets de mes mails). Un héritage familial et culturel.  Je ne conçois pas l’humour autrement que par la parodie et les mots à double sens. L’absurde pour définir un sens contraire. Mais avec le temps, ce sens des mots devient de plus en plus difficile à exploiter à l’heure de la dictature du premier degré.

Aujourd’hui la forme compte plus que le fond. Le second degré est désormais perçu comme un humour moqueur, dénigrant le soi. On ne retient que la forme, ce qui est immédiatement visible (le message de base). Simplement parce que l’on a plus le temps d’écouter, de lire ou même de réfléchir.

L’humour devient désormais premier degré. La parodie devenue moquerie. Un aveu,  je ne m’amuse pas devant les vidéos sur Youtube des nouveaux humoristes du net. Je n’ai pas honte de le dire, mais cela ne m’amuse pas. L’humour est le symbole de notre temps. Notre génération. J’avais 11 ans quand j’ai découvert Les Nuls dessinant une « B*te » dans un Yoplait. Cette vidéo pourrait être perçu comme vulgaire, alors qu’elle était une critique de la publicité qui nous prenait vraiment pour des idiots. Le fond plus que la forme. Le politiquement correcte de notre génération pousse le vice à croire qu’être vulgaire ou transgressif permet d’avoir une personnalité différente de la norme. Cela ne sert à rien d’être différent si l’on est vide.

L’humour est un message. Un mode de communication.  Efficace le plus souvent. Vous voyez ce billet initialement devait être plus long, mais j’ai censuré d’autres arguments, tellement ils sont nombreux. Il devait être aussi drôle, mais il ne l’est pas, tellement le sujet me touche depuis un moment.

Le présentateur Arthur dit, « je veux bien que l’on rigole, mais pas que l’on ce moque. » je l’ai souvent dit moi aussi après avoir débité une énormité face à des personnes quasi inconnue. Le second degré doit s’accompagner face à autrui d’un message de prévention. Triste avenir.

Les trois règles de base de la communication

Communiquer est un art et il faut se conformer à trois règles précises pour diffuser votre message.

1. Faite une annonce le Lundi.

Si vous avez un message à faire passer, il est toujours recommander de le faire en début de semaine. Maximum jusqu’au mercredi. La raison est simple : Nous sommes plus réceptifs à entendre de bonnes nouvelles durant ces 72 premières heures de la semaine. Les médias (que ce soit un communiqué de presse ou une déclaration sur Facebook ou Twitter) sont plus réceptifs. Vous pouvez penser que dévoiler quelques choses le dimanche soir vous permettra d’être visible le lundi. Vous vous trompez car il est plus intéressant d’être au centre de l’attention durant la journée du lundi et ensuite du mardi, pour exemple.

2. Ne faite jamais d’annonce le vendredi

Sachez qu’il existe une journée dans la semaine ou il ne faut rien dévoiler. La journée du vendredi est celle des mauvaises nouvelles. Ce jour de la semaine est considéré comme un trou noir pour la simple et unique raison que notre attention est limitée en début de week-end. Toutefois si vous avez une mauvaise nouvelle à annoncer, vous connaissez désormais le jour pour le faire. Ce sera vite oublier…

3. Evitez les semaines à jour férié

Lorsqu’un jour férié est en semaine, il est inutile de communiquer quoi que ce soit, car l’audience ne sera absolument pas réceptive à votre message. Les esprits sont ailleurs. Lorsque le jour férié est en début de semaine, comme cette semaine du 14 Juillet, cela a moins d’impact.

La vie est une histoire…Non ?

Après avoir écouté mon interlocuteur, suite à une conversation récente avec un dirigeant, j’ai lancé la phrase suivante: « En crise, comme aujourd’hui, l’objectif est d’augmenter l’affectif de vos partenaires afin de les garder le plus longtemps possibles. » L’impression d’enfoncer une porte ouverte ? Oui naturellement, mais le raisonnement était ailleurs.

Une année auparavant, un dirigeant me lance avec le plus sérieux du monde : « Marc, nous sommes en crise économique tu sais… » La réalité a frappée enfin la personne qui était en face de moi. Lui qui entretenait depuis plusieurs années un monde qui n’existait pas, se retrouvait confronté à ses propres limites psychologiques. Il avait été vaincu par la réalité. Une autre réalité. A ce moment précis j’ai définitivement compris qu’il m’avait fait venir pour entretenir le schéma qu’il avait mis en place  et pas pour en construire un nouveau.

Vous avez tous entendu parler du Storytelling. Cela existe depuis une douzaine d’année et nous sommes « les clients » tous les jours de cette tendance. Cela consiste à adapter un message positif destinée à rendre meilleur l’apparence de ces cibles. L’objectif est de vous raconter une histoire autour d’un fait ou d’une marque. La tendance s’applique à la fois dans le marketing, et dans le management. L’intrigue et la manipulation sont au centre du processus. C’est brut à lire, mais c’est la vérité. De la même manière qu’en politique les Spin Doctors ont été remplacé par des Story Spinners, le Storytelling laisse place progressivement à une nouvelle évolution. Plus virtuelle encore. Irréelle même.

Le storyspinning consiste à fabriquer une réalité (une histoire) pour rendre l’apparence meilleure à ses cibles.

Aujourd’hui les vieux modèles sont remplacés par de nouveaux qui sont ensuite remplacés et le cycle devient de plus en plus rapide. Nous n’avons plus le temps de nous adapter au changement. Cette suite ne rend pas le nouveaux modèle meilleur que l’ancien, il en donne simplement l’illusion par sa rapidité et sa résignation. De même, le principe de transparence rend le monde plus opaque à cause du désir d’en savoir plus tous les jours. Sauf que ce désir est parasité par un voile virtuelle qui agit sur nos émotions et l’influence que nous subissons chaque jour. C’est une bataille sans fin. Il n’y a plus de vérité, juste une logique ou chacun organise ses actions en fonction de SA vérité, basée sur sa logique et ses convictions. Elle-même influencée par la réalité qui nous convient.

Certains ont anticipé le fait que l’après storytelling était une société du rêve, dominée par les histoires. En réalité nous sommes en plein storyspinning. Un niveau intermédiaire qui risque de durée un long cycle.

Soyons clair notre culture est désormais fondée sur l’affirmation plutôt que la vérité. Le débat est guidé par l’opinion et non sur les faits. Mediapart et Wikileaks sont de beaux projets utopistes dans les faits, si l’on regarde cyniquement la situation. J’ai lu dans le dernier numéro de Vanity Fair que Mediapart était le relais des femmes mariées flouées. C’est Closer/Voici/Youpala à la sauce sérieuse, mais le fond est le même. Souvenons nous que  le pseudonyme « Gorge Profonde », qui a permis le scandale du Watergate (1972) et lancer définitivement cette nouvelle forme de journalisme d’étique, était un surnom tiré d’un film pornographique de la même époque. Ceci ne fait pas très sérieux avec un peu de recul. Mais à l’époque on pensait que le fond avait plus d’importance que la forme. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’impression d’être un dinosaure en écrivant cela, mais il faut aussi vivre avec son temps. D’ailleurs, Mediapart lance des révélations mais cela reste de l’information brute le plus souvent et l’histoire est difficile à raconter et synthétiser pour les autres médias, pressés par le temps. Le contexte n’est plus une donnée, seul le présent compte et le buzz fait le reste. Toutes ces histoires sont de mauvais scénarios finalement. Des séries Z oubliées aussi vite qu’on les a consommées au pays de Nanarland. En bref nous sommes présentés comme une société plus informée et intelligente, sauf que c’est bien différent dans les faits. Nous sommes dans un brouillard et nous suivons les lignes sur la route à vitesse modérée. Tout en espérant qu’une biche ne vienne pas perturber notre concentration en s’installant au milieu de la route qui est humide et glissante.

Nous sommes samedi et je me demande si tout ceci à un sens. Pourtant je fais partie de ce mouvement, mais la vie n’est pas un jeu vidéo, ou une émission, ou un film. (Finalement les seuls repères que nous avons). Ces influences culturelles et la peur guident les décisions que nous prenons tous les jours. Ce n’est pas vraiment une notion positive. Gérer ses émotions c’est continuer d’être dans un rêve éveillé. C’est plaisant, mais irréelle. Un seul sentiment prédomine : la tristesse.

Le but dans la vie c’est d’avoir une belle histoire non ? Pour être moins triste…

ML Report – Ce que nous apprend la Corée du Nord et l’Iran sur la gestion de la communication/image

Aujourd’hui, le monde occidental se réveil en apprenant que la Corée du Nord a procédé à un essai nucléaire. Mais, la prouesse de ce pays n’est pas que là, elle est aussi dans la rumeur. En effet, cette bombe serait suffisamment petite pour être fixée sur une ogive et donc un missile et d’une puissance bien supérieure aux deux précédentes. Sans toutefois en avoir la preuve. C’est l’effet d’un pays fermé sur lui-même, qui en réalité maitrise sa communication via son organe de presse nationale. Alimentant le fantasme des experts occidentaux et biaisant les premières analyses.

Début Février, l’Iran présentait un avion de combat moderne. Cet appareil montré à la télévision d’Etat a été présenté comme le plus moderne du monde, avec une signature radar très faible, construit avec des matériaux modernes et une avionique avancée. Les phrases du régime se déroulent avec fierté devant une maquette en bois d’un avion aux designs sortit d’une bande dessinée. Une belle avancée pour un pays qui a lancé en 2007 son premier avions de casse basée sur un F5 américain datant des années 50.

Cette présentation fait suite toute une série d’annonce du régime Iranien : Envoi d’un singe dans l’espace, capacité accrue d’enrichissement d’uranium, projets de satellites, logiciel espion de réseaux sociaux. Malgré les sanctions Téhéran multiplie les démonstrations de force pour faire parler d’elle et contrôler son image. Qui n’a pas remarqué que le singe envoyé dans le espace, n’était pas le même que celui qui a été présenté à la presse après le voyage ? Personne naturellement. L’avion est une maquette qui n’est même pas à l’échelle humaine ? Peut importe. Qui a vu une bombe nucléaire iranienne en réalité ? Personne non plus. Bref, le pays cultive le fantasme américain, un peu comme la Chine l’avait fait il y a quelques années.

L’Empire du milieu est passé expert pour faire croire les choses, alors que ce n’est pas vrai en réalité. Un héritage du communisme soviétique qui n’a visiblement pas servi de leçon aux occidentaux.

Ce que nous apprends la Corée du Nord, l’Iran et la Chine dans une moindre mesure, est que lorsque l’on contrôle sa communication de A à Z, les voix des contradictions ne seront jamais aussi fortes que ce que l’on veut montrer en réalité. Une illusion de puissance et de pouvoir. Toutefois, dans le monde médiatique d’aujourd’hui, cela marche. Il faut plusieurs jours pour réagir et analyser (c’est donc trop tard), alors que le travail marketing a été travaillé à l’avance et anticipé, pour maximiser l’effet voulu et influencé les premières analyses médiatiques pour les orientés dans le sens de l’effet voulu. Tirer le premier c’est être vainqueur à tous les coups, même si le temps dira le contraire.