Créer l’inconfort et inventer l’avenir

« C’est dans l’inconfort que l’on grandit  »

Cette phrase est citée régulièrement comme une étape de développement du bien-être. Si vous cherchez à créer des changements positifs dans votre communauté (ou vous même), il est presque certain que vous créerez également une zone inconfortable.

Il y a quelques temps lorsque j’entrais dans un projet, mon état d’esprit était de me dire : « Il faut que cela ait du sens pour faire progresser la structure. » C’était très simple…trop simple. Finalement la réflexion que j’aurais dû avoir était : « Cela va rendre certaines personnes mal à l’aise. »

L’expérience fait que l’on évolue, progresse, mais nous ne changeons pas vraiment. Mon état d’esprit est toujours à l’innovation mais il a aussi aussi évolué et progressé. La citation de Seth Godin synthétise assez bien cette nouvelle histoire que j’écris.

La façon la plus courante de faire face au futur est d’essayer de le prédire. Être au bon endroit au bon moment avec les bonnes compétences ou les investissements.

Une approche beaucoup plus réussie et fiable consiste à inventer l’avenir. Naturellement juste une petite partie. Mais assez pour faire la différence.
Seth Godin

Innovation vs manque de résultats

Dans le sport amateur, la place à l’innovation est très faible. Pour ne pas dire ridicule. Elle est surtout ponctuelle. Présente sur le terrain, voir dans la communication, mais la sécurité prédomine dans le sport amateur, par manque de formation et surtout par manque d’un management d’expérience. Reste une constante : si les résultats sportifs ne sont pas à la hauteur, voir décevant, l’innovation n’est pas bien perçue. Il est ainsi très difficile dans ses conditions de faire des initiatives novatrices qui soient acceptés.

En effet lorsque la performance n’est pas visible, l’innovation est directement blâmé comme étant une (voir la) cause de l’échec. Le discours de la peur l’emporte, estimant que les énergies doivent être dépensées ailleurs. L’intimidation intellectuelle fait entrer les initiatives dans un cercle de raison.

Le diagnostique dans ses conditions est le plus important, tout comme le dialogue. L’innovation est un atout, un éclairage et une pensée d’ouverture qui s’enrichie par elle-même. C’est aussi un investissement sur le long terme qui sera bénéfique sur le temps long. L’erreur est d’être dans un temps court, redéployant ses énergies sur des secteurs structurels. Alors qu’il suffit de laisser l’innovation s’impliquer dans tous les secteurs de la structure pour la renforcer.

ML Report : La culture identitaire dans le sport

Il y a plusieurs mois, je vous avais parlé de la notion d’image en 5 temps.  La notion d’image est à ajouter au principe de l’identité. Complexe à comprendre, car véhiculée par des mécanismes multiples. Surtout dans le sport.

Selon le professeur Charles Fombrun, dans le Figaro, l’identité représente : «  L’ensemble des valeurs et des principes véhiculés par des employés et managers associés à une entreprise tout en tenant compte des expériences de réussite ou d’échec ». Ainsi, l’identité d’une formation sportive se construit sur l’expression de ses leaders (président, entraineur, capitaine pour le Football – team manager, directeur technique, pilote pour le sport automobile). A différencier des autres parties (Partenaire, institutions, médias, supporters…). Ces leaders ont pour mission de s’exprimer au nom de leur formation.

Sauf que cela ne suffit pas toujours. L’identité d’un club est centrée sur des symboles attachés à la culture de la formation. Un joueur est souvent mis en avant, ou un ancien leader. Souvent le capitaine d’une équipe est un historique, car il représente le pont entre le passé et l’avenir. Je me souviens que l’équipe McLaren, il y a 10 ans, mettait en avant Tyler Alexander, autrefois un dirigeant de l’équipe dans les années 60/70, alors que l’équipe construisait sa nouvelle image identitaire. Dans le football, il y a eu des remouds lorsque Mamadou Sakho a quitté le PSG pour Liverpool. Le joueur symbolisait la formation parisienne. Ainsi, le PSG est largement critiqué pour son manque d’identité club, car les joueurs qui composent l’écurie de prestige de Parc des Princes ne sont pas des produits du club. En réponse le PSG lance sur le terrain une équipe de super star (Ibrahimovic, Silva, Cavani…). C’est une astuce compensatoire qu’utilise le Real Madrid depuis 13 ans. Mais cela rend la marque du club dépendante et artificielle. En Formule 1, nous l’avons vu avec Lotus F1 team qui dépendait de Kimi Raikkonen (champion du monde 2007).

A l’opposition de cette identité de club artificiel et fragile, il existe une dimension aussi facile que risqué. Celle des Rising Stars. Cette alternative permet de renforcer l’identité de la structure a contrario. Car elle met en avant des joueurs qui ne viennent pas forcément d’un vivier, mais ils sont jeunes et ils sont l’avenir. C’est la stratégie de la plupart des PME du football (Marseille, Lille, Lyon). En Formule 1, Bernie Ecclestone avait signé Nelson Piquet en 1979 pour remplacer Niki Lauda. Ce même Piquet sera remplacé chez Benetton par Michael Schumacher en 1991. La stratégie d’investir sur un jeune qui a du talent permet de renforcer une identité. L’équipe Sauber n’a pourtant découvert que Frentzen et Raikkonen, mais elle est considérée comme telle, même 10 ou 15 ans après. Souvent cela donne l’image d’une formation sportive qui construit un projet sur trois ou cinq ans, afin d’élaborer une structure autour de ces rising stars.

Reste un point sensible.  Le lien entre l’identité et l’authenticité. C’est l’erreur commise par la plupart des formations sportives. Car si l’identité est surtout véhiculer par ses leaders, auquel il faut ajouter un lien d’image fabriquée, il ne faut pas oublier la chaine. Car si l’image fabriquée est destinée aux médias et sponsors, les leaders doivent entretenir un lien  avec les supporters. Ces derniers sont les derniers relais afin de créer une identité en phase avec les objectifs des leaders. Dans le sport le silence n’est jamais un signe d’accord.

Les liens historiques sont peu exploités.  Sauf qu’en période de crise économique, ce type de lien doit être privilégié, car c’est un reperd. Un mur porteur.  La Formule 1 nous indique que ce lien identitaire et authentique est important. Ferrari célèbre ses anniversaires pour marquer son histoire. McLaren fête ses 50 ans en 2013 et marque le coup en racontant son historique. Manchester City a construit une offre intelligente  autour de Patrick Viera. L’essentiel est de ne pas se couper de son passé mais de le cultiver pour nourrir une base qui sera ensuite épousé par les supporters. C’est la base de l’identité.

ML Report – Ce que nous apprend la Corée du Nord et l’Iran sur la gestion de la communication/image

Aujourd’hui, le monde occidental se réveil en apprenant que la Corée du Nord a procédé à un essai nucléaire. Mais, la prouesse de ce pays n’est pas que là, elle est aussi dans la rumeur. En effet, cette bombe serait suffisamment petite pour être fixée sur une ogive et donc un missile et d’une puissance bien supérieure aux deux précédentes. Sans toutefois en avoir la preuve. C’est l’effet d’un pays fermé sur lui-même, qui en réalité maitrise sa communication via son organe de presse nationale. Alimentant le fantasme des experts occidentaux et biaisant les premières analyses.

Début Février, l’Iran présentait un avion de combat moderne. Cet appareil montré à la télévision d’Etat a été présenté comme le plus moderne du monde, avec une signature radar très faible, construit avec des matériaux modernes et une avionique avancée. Les phrases du régime se déroulent avec fierté devant une maquette en bois d’un avion aux designs sortit d’une bande dessinée. Une belle avancée pour un pays qui a lancé en 2007 son premier avions de casse basée sur un F5 américain datant des années 50.

Cette présentation fait suite toute une série d’annonce du régime Iranien : Envoi d’un singe dans l’espace, capacité accrue d’enrichissement d’uranium, projets de satellites, logiciel espion de réseaux sociaux. Malgré les sanctions Téhéran multiplie les démonstrations de force pour faire parler d’elle et contrôler son image. Qui n’a pas remarqué que le singe envoyé dans le espace, n’était pas le même que celui qui a été présenté à la presse après le voyage ? Personne naturellement. L’avion est une maquette qui n’est même pas à l’échelle humaine ? Peut importe. Qui a vu une bombe nucléaire iranienne en réalité ? Personne non plus. Bref, le pays cultive le fantasme américain, un peu comme la Chine l’avait fait il y a quelques années.

L’Empire du milieu est passé expert pour faire croire les choses, alors que ce n’est pas vrai en réalité. Un héritage du communisme soviétique qui n’a visiblement pas servi de leçon aux occidentaux.

Ce que nous apprends la Corée du Nord, l’Iran et la Chine dans une moindre mesure, est que lorsque l’on contrôle sa communication de A à Z, les voix des contradictions ne seront jamais aussi fortes que ce que l’on veut montrer en réalité. Une illusion de puissance et de pouvoir. Toutefois, dans le monde médiatique d’aujourd’hui, cela marche. Il faut plusieurs jours pour réagir et analyser (c’est donc trop tard), alors que le travail marketing a été travaillé à l’avance et anticipé, pour maximiser l’effet voulu et influencé les premières analyses médiatiques pour les orientés dans le sens de l’effet voulu. Tirer le premier c’est être vainqueur à tous les coups, même si le temps dira le contraire.

ML Report – Le featuring dans le business

S’il y a une industrie qui tente de se renouveler c’est bien l’industrie de la musique.  Depuis environ 10 ans, le monde du R&B a initié le principe du Featuring (la participation d’un artiste sur un titre ou l’album de quelqu’un d’autre). Le principe du guest invité à une collaboration.

Actuellement le marketing nomme cela le co-branding (le principe d’associer deux marques sur un produit) et surtout le masstige (l’association d’un produit de masse avec l’image d’une marque de luxe). Toutefois, ses projets sont destinés à créer l’événement médiatique et l’image. Une collaboration égalitaire. Par contre le Featuring cherche l’efficacité.

Dans la musique, le Feat permet à un artiste encore méconnu du grand public d’être introduit ou gagner en notoriété grâce à sa participation à des chansons d’artistes de plus grande renommée. Cela permet à un artiste établit de rajeunir son image, de changer de casquette (producteur ou découvreur de talent), de créer l’événement avec un passage de témoin. L’objectif est de représenter la marque. De d’entretenir sa créativité et de se mettre soi même en avant et non plus de manière égalitaire. L’ensemble est plus souple que le duo dans la musique ou le co-branding dans le marketing.

Il est intéressant de voir que Coca Cola dans sa collaboration avec David Guetta a signé : « Coca Cola Feat David Guetta » et non « by » comme de coutume.

Dans un monde ou l’information recouvre une autre information. Dans un monde d’image. Dans un monde de consommation rapide, le principe du featuring peut être une solution de business pour n’importe quelle activité. Imaginons un architecte qui collabore avec un graphiste 3D par exemple pour la présentation d’un projet. Deux mondes différents qui peuvent trouver un élément commun de développement et enrichir la créativité de leurs activités.