L’univers DC au cinéma

page_blancheLa projection il y a quelques jours de Suicide Squad m’a laissé perplexe, mais a confirmé ce que je pensais dans l’approche de DC et Warner de leur univers cinématographique, graal absolu pour les studios et inventé par Marvel en 2008.

L’Univers Cinématographique de Marvel est né en 2008 avec Iron Man et Incredible Hulk. A l’époque la connexion découlait d’un post générique et quelques répliques créant un lien. Un lien développé film après film pour aboutir à Avengers en 2012.  La construction des personnages Marvel au cinéma est une réplique simple des Rambo et surtout Rocky. Le premier opus est un personnage qui se construit mais semble échouer sur une première mission (tout en étant victorieux métaphoriquement), le deuxième opus lui fait réussir la mission échouée précédemment et le fait entrer dans une nouvelle dimension. Enfin cette nouvelle dimension est le résultat d’une déconnection et l’ambition du héro est de redevenir ce qu’il était dans le premier opus pour réussir sa mutation ultime.  D’Iron Man en passant par Captain America et prochainement Thor, chacun évolue de cette façon. Marvel a ajouté à cela le post générique et surtout réunir les personnages dans une mission commune ou ils sauvent le monde. L’héroïsme ayant une conséquence importante : il provoque un profond changement, comme une inversion des pôles à chaque fois.

L’Univers Cinématographique de DC est récent et totalement différent. Né du travail de Christopher Nolan avec Batman entre 2005 et 2012 : C’est Dark et réaliste. Surtout le héro passe en retrait au profit du méchant qui n’est qu’un miroir de la folie de l’humanité. Batman n’est présent que pour remettre de l’ordre, mais il passe par 3 stades : héro, banni et ressuscité. Très christique comme approche, mais efficace.

Le même travail a été développé autour de Super Man avec Man of Steel en 2013. Le héro construit son histoire sombre en s’exilant des hommes, avant de sauver l’humanité. Mais cet acte est perçu comme un danger pour la sécurité du monde et c’est sur cette base qu’est construit le DCUC. Superman est le méchant, l’humanité à peur et doit trouver des solutions.  Batman v Superman (surtout sa fin) justifiera  Suicide Squad. Mais en arrière fond, l’ambition est d’arriver à la Justice League. Le problème toutefois est de savoir pourquoi arriver à la JL ? Pour affronter qui ?

L’approche individuelle des films DC/Warner est aussi très différente de Marvel. Inspiré par les travaux de Christopher Nolan avec Batman et le scénario de Man of Steel, c’est une trilogie proche de celle du Parrain de Francis Ford Coppola qui devait se construire sous nos yeux. La suite devait mettre en avant Jor-El, le père de Superman et un troisième opus qui devait aboutir à la mort de Superman (en estimant que Michael Corleone est mort à l’issue du Parrain 3). Le succès de Marvel a bouleversé l’ensemble du projet. Désormais, à chaque nouvel opus c’est un film à plusieurs héros qui est mis en avant. Ben Affleck a indiqué que son opus sur Batman (sortie en 2018) s’inspirerait de la trilogie du Dollars de Sergio Leone. Une trilogie incluant 3 personnages à chaque fois. Un héro (sans nom), un méchant et un ambivalent (Le Bon, la Brute et le Truand). Notons que le Western Spaghetti a créé un genre à Hollywood : le Western Crépusculaire, loin du héro John Wayne et plus social, violent, sombre et réaliste.

Les plus grands Western sont des films à plusieurs personnages, ainsi chaque film du DCUC sera construit autour de thèmes et constructions de ce genre.  En cela, l’univers a été accéléré et débute par l’affrontement. Une déconstruction de l’histoire intéressante et s’attachant à l’après  (comme pour L’âge d’Ultron de Marvel).

Dans l’Univers Cinématographique DC, Superman n’est plus un dieu, il est une menace, car il n’est pas humain et le point de vue sur les événements est humain. Ici nous ne suivons pas l’évolution d’un héro, mais des conséquences et le/les héro(s) est (sont) là pour réécrire l’histoire. Pour rivaliser avec une menace similaire à celle de Superman, la Justice League sera constituée de Meta Humain autour de Batman. Suicide Squad était une médiocre réponse humaine à cette menace.

L’erreur importante de DC a été sa communication autour de son Univers Cinématographique. En expliquant que l’univers crée autour de Dark Knight Rises serait la base des histoires futures, alors qu’il n’en était rien. DKR a ouvert plusieurs possibilités qui n’ont pas été reprise par les scénaristes (Robin devenant un Joker), un autre Batman qui n’était pas Bruce Wayne (par exemple), en reprenant des arcs déjà vu dans les Comics et aurait crée un univers complexe et finalement assez puissant autour du Batman v Superman et Suicide Squad (le Joker aurait eu un sens ?),  avec Man of Steel comme conséquence aux événements. Le résultat laisse toutefois un sentiment tragiquement imparfait. La dernière chance reviendra à Wonder Woman…

Rocky et les films de super-héros

En regardant hier soir sur D8 la rediffusion de Rocky III, l’illumination m’est apparu une fois la télévision éteinte. En réalité l’intégralité de la franchise de l’étalon italien, imaginé par Sylvester Stallone, sert de base à l’ensemble des franchises Marvel et autre que nous voyons à longueur d’année au cinéma.

Ici je ne juge pas l’ensemble des scénarios des Rocky (que l’on aime ou pas d’ailleurs). Mais l’évolution de la construction du personnage au fil des épisodes.

Dans le premier opus, Rocky est un personnage ordinaire, ayant une vie tranquille sans d’autre ambition que ce que la destinée lui a offert jusqu’à présent. Un peu gauche, il évolue dans son monde et trouve le moyen de sortir de ce quotidien par une opportunité qu’il saisit. Il marque les esprits avec un exploit.

Le deuxième présente un homme ayant pris une décision d’avenir (retraite anticipée après le match perdu), profitant de son nouveau confort. Mais la peur (le passé) et l’intérêt (l’avenir) guide l’homme à revenir sur le ring pour affronter son rival une nouvelle fois et gagner.

Dans le troisième nous avons un homme nanti, qui doit affronter son avatar sombre, ayant la même histoire. Sur de lui, emporté par la célébrité il perd le premier combat, avant de revenir aux sources et remporter une victoire probante. Permettant de se prouver à lui-même qu’il est un homme nouveau en gommant le manque de confiance en lui qu’il a perdue.

Le quatrième opus transforme Rocky en étendard d’une nation contre un ennemi idéologique. Le héro s’en sort en portant haut et fort le caractère de son pays dans le combat.

Cinquième numéro présente un héro fatigué, ruiné et revenant à ses origines il se reconstruit difficilement. Etre et avoir été.

Enfin le dernier opus, notre héro est dans une nouvelle vie, loin de la gloire. Mais des circonstances inédites vont le faire revenir sur le devant de la scène. Passant d’une légende à un mythe.

Maintenant regardez IronMan, Spiderman, Thor, Captain America, Batman et le dernier Superman et vous y trouverez des similitudes flagrantes.