L’influence et ses notions

L’influence. Une notion assez obscure qui mélange des formes pour faire croire à un objet de valeur, qui au final n’est pas mesurable. L’influence est trop rapidement confondue à l’affluence. Un héritage de la télévision ou plus un programme est visionné, plus il est influent. Voir le journal tv de TF1 de 20h, qui est à la base de plusieurs articles médias depuis deux ans maintenant. Cette chute d’audience se mesure à une perte d’influence et de sérieux de la première chaine.

Une chose à remarquer est que Facebook et Twitter ne sont pas des outils d’influences. Croire cela est faux, ils sont utilisés comme des agregateurs, une sorte de nouveau flux RSS social par les internautes. Cette notion est d’ailleurs visible. Le principe du retweet est expliqué de la manière suivante : « plus vous avez de followers, plus vous serez retweetés ». Donc plus j’ai de monde, plus j’ai de chance que l’on parle de moi. Je n’appelle pas cela « avoir de l’influence ». Mon site de F1 est lu par toutes les équipes de Formule 1 (Sauf HRT) et une majorité de sponsors, mais aucun ne me suis sur Twitter. Paradoxe donc, pourtant suis-je influents ? Ou pas ?

Ce que je crois est que le site internet n’est pas mort, loin de là. Il est à la base du contenu, que les réseaux sociaux ont besoin. Ses outils, comme Google, ont besoin de contenus pour exister et donc de sites pour grossir. Nous pouvons dire que Google, Facebook et Twitter sont influent, mais en tant qu’outil et non par votre compte personnel.

L’influence tiens compte d’un aspect, selon moi, psychologique et économique. Vous allez plus croire une information dans un support matériel que virtuel. C’est un fait. Donc par effet, vous allez plus croire un site internet d’un support papier qu’un support 100% virtuel, n’ayant aucun modèle économique visible et ne produisant rien. Cette notion aspire aussi la notion de crédibilité.

Autre effet de l’influence, assez négligé je pense, est le temps de présence d’un internaute sur votre site. Est-ce que 3 min de présence en moyenne fait de vous un site influent ? Probablement non, car vous serez considérés comme un site de consommation courante. Toutefois, si l’internaute reste 8 ou 10 min, la donne change réellement. Récemment des questions sur Linkedin, sur sa capacité à retenir plus de 8 min ses internautes, alors que Facebook arrive à 25 min et Twitter 20 min environ, a donné une nouvelle indication. Certain analystes estiment que Linkedin n’est pas réellement influent dans la gestion sociale de nos activités virtuelles. La notion est en place sur cette base du temps de présence.

L’influence commence par petite vague pour terminer en tsunami et non le contraire. De plus, elle est invisible et liée à notre assimilation et aussi nos intérêts. Personnellement, quand je lis qu’un grand journaliste F1 reprend mes chiffres de salaire, pour illustrer un de ses billets. J’estime être un peu influent.

L’accélération sociale de l’information

Mercredi, ouvrant mon compte Facebook j’écris ceci : « Réveillé par un combat de chat à 3h16 du matin….tssss. » Quelques mots simples, sans entrer dans le détail et pourtant un constat me frappe. Cette anecdote,  qui est habituellement destinée à animer les soirées entre amis, exagérant évidemment le fond et la forme pour faire rire et détendre a été balancée en pâture. Sans âme.

Vous avez déjà remarqué autour de vous cette nouvelle expression : « oui tu l’as mis sur Facebook. » lorsqu’un de vos amis commence à expliquer une de ses aventures ou un voyage. Je constate autour de moi, presque plus personne ne parle de ses choses futiles qui font la vie, ses moments brefs, mais combien même amusant,  qui remplissent les soirées entre amis ou en famille. Tout ou presque est déjà sur Facebook. Photos, ruptures, moment de plaisir, soirée etc…Bref notre vie privée, autrefois racontée en OFF,  est exhibé sans âme sur le réseau social.

Attention, non pas que je descende de mon cocotier et vient de découvrir la vie sur Facebook, cela fait longtemps que c’est ainsi. Mais, ce que je constate est l’accélération du comportement des personnes autour du « personal offline ». Tout est livré en feeds, sans avoir le bonheur d’avoir été raconté la plupart du temps. Les histoires se perdent dans le sens de l’accélération. Il faut écrire tout de suite ce que l’on fait, pour son réseau. 5min sur son Iphone ? 2 min derrière son écran ? Chaque instant est un prétexte à l’exposition. Mais après ? Une fois que tout a été dit ? Nous n’avons plus rien à dire à ceux qui nous entoure. Car, ils le savent déjà. Alors,  ils écoutent poliment ce que vous racontez. Occupant l’espace temps de l’ennuie. Mais ils savent déjà. Certain, peu diplomate vous coupe immédiatement en vous disant la fameuse phrase après le premier paragraphe de votre histoire. « Oui je l’ai vu sur Facebook. » Comme s’il a été le privilégié de l’information avenir, le VIP de vie perso au contraire des autres qui n’ont eu le temps de vous lire.  Finalement, nous n’avons plus rien à nous dire en vrai.

Tout doit aller vite, l’information doit être donnée, mais pas le temps de l’expliquer. Une heure de retard est le maximum acceptable, sinon vous êtes laissés sur le côté de la route. Personne ne prend le temps de comprendre, le brut l’emporte sur l’esprit et la réflexion. La consommation est le nouveau mot d’ordre de nos vies. Nous devons être au courant de tout, même si c’est faux. L’affaire Patrick Sébastien invité au mariage de Kate et William est un exemple. Ecrit en grosse lettre dans TéléStar le Lundi, elle sera démentie timidement le mardi sur internet. Mais, pour la majorité des gens, Sébastien est invité au mariage. Alors que non. Le démenti est dans l’oubli, le papier gagne par son sérieux. Le digitale reste marginale, car trop rapide. Recouverte par une autre information, noyer par une autre brève buzz people sans importance, mais vitale pour nos discussions quotidiennes.

Je le constate dans mon activité. J’ai débuté lentement,  avec un billet quotidien sur mon blog, puis j’ai contribué à cette accélération de l’information en augmentant le nombre de ma production journalière, pour ma propre satisfaction ? Je ne sais pas vraiment. Mais cette information en 2009 n’est plus la même en 2011. Celui qui garde pour lui l’info est un loser désormais. Je comprends que les informations doivent être analysées, décryptées à la vitesse d’une Formule 1 à Monza. Il faut réagir vite, mais l’information brute, inutile et vide de sens reste privilégiée. Le coup du « j’ai vu sur un site l’affaire du mini-kers de Red Bull aujourd’hui », alors que je l’avais largement couvert la veille est représentatif des comportements. Les lecteurs sont perdus dans le flux de l’information. Cela va trop vite pour eux aussi et le dernier qui parle à gagner pour eux. La prime est rarement au premier dans ses conditions là. C’est bizarre.

Notre tolérance à la patience médiatique n’a plus de sens aujourd’hui. Nous voulons tout, tout de suite, comme des gamins trop gâtés. Nous voulons savoir ce que font nos amis, avant d’attendre qu’il nous le raconte. Nous voulons avoir la dernière information et l’explication qui va avec dans l’heure qui suit la publication. Nous souhaitons croire le storytelling que nous lisons, alors qu’il est faux mais inaudible. Vite vite vite mais,  le virage ? Nous sommes en ligne droite constante. Reste que lorsqu’un virage arrive à proximité, le crash n’est pas loin. Et, souvent la déception, le sentiment de trahison l’emporte. Du genre : « Téléstar m’a déçue sur ce coup là. » ou encore « je ne comprends pas ce que veux dire Marc par « âge d’or – déclin. » Ou encore le fameux « LOL » sur les réseaux sociaux,  qui ressemble de plus en plus à un « ma pauvre ou mon pauvre…tu es nul. »

Reste la grande question : que ce passera-t’il si l’on ralentit? Certain estime que le premier qui ralentit, a gagné. Mais, je pense qu’il est trop tard. Si vous ralentissez aujourd’hui vous êtes mort. Mais, pourquoi ne pas temporiser de temps en temps. Le monde a besoin de respirer, il fait beau, chaud, le printemps est déjà là. Utopie totale, car dès Lundi la semaine mythomane de certain continuera, tandis que le sifflement des balles traçantes de l’information vont continuer à siffler de plus belle. Cumulant BUZZ inutile et des story’s que tout le monde aura oubliée 24h après.

Paradoxe d’une information qui est de plus en plus rapide et qui doit être de plus en plus expliquée. Mais vite, sans tarder. Il existe une demande, marginale encore. Mais elle existe et tendra à se développer de plus en plus. Nous entrons dans une nouvelle ère. Toutefois….

Nous ne sommes pas loin d’une hernie mentale…

L’évolution de Twitter

En 2007, j’ai eu l’idée de tester un système de brève pour l’actualité de la Formule 1 sur le site FanaticF1.com. J’avais lu des articles sur le phénomène du micro-blog via Techcrunch et je me suis dis qu’il serait intéressant pour les fans de F1 et pour un site d’info sur la F1 d’utiliser ce type de service. Deux comptes ont été ouverts, un Twitter et l’autre sur Frazr, qui était un avatar franco-allemand. L’utilisation de se dernier a été préféré durant une année au détriment du service américain trop instable techniquement à notre goût. Toutefois, lors des derniers mois d’utilisation de Frazr, une tendance s’annonçait déjà, l’évolution de Twitter aujourd’hui.

Au départ présenté comme un outil de communication entre personnes, les services de micro-blog ont très rapidement évolué comme une niche à liens et d’échanges. Frazr avait plus rapidement évolué que Twitter dans ce sens. Je me souviens que finalement, hormis le flux de FanaticF1, celui de France 24 ou encore de Google News, la participation était autrement nulle et je me surprenais à cliquer sur les liens de ses derniers pour lire une information. Je ne suis donc pas étonné par le faible taux de participation de Twitter (5% des utilisateurs produisent 75% du contenu). Est-ce la fin du service dans son essence ? Peut être oui.

L’addiction du service rend fou la plupart des utilisateurs de Twitter, mais ceux-ci sont très souvent spectateurs, ce qui m’a rappelé une réflexion que j’ai eu à propos de Frazr avant sa mort. Eté 2008, le blog américain Techcrunch écrivait à longueur de billet sur Twitter au point de raconter que le service allait devenir le remplaçant de l’agence de presse AP. Une agence de presse donc. Ce à quoi, en analysant la chute de Frazr, j’avais plus comparé ce dernier à un Tabloïd anglais comme The Sun, que je lisais à l’époque pour me distraire.

Et finalement Twitter est entrain de devenir un tabloïd mondial, ou People, sportifs twittent et les grandes marques diffusent leurs informations et communications d’entreprises. La plupart des contenus sont  diffusés automatiquement, bref Twitter perd de son essence et de son pouvoir de séduction d’origine, c’est-à-dire un service destiné à révolutionner le blog et la conversation. Nous sommes dans l’ère de l’échange entre professionnel et lecteur…loin de l’idéologie Web2.0 d’origine.

A la différence de Facebook, qui appartient réellement à ses utilisateurs, Twitter a été investit à coup de mortier à information, par les professionnels. L’évolution était prévisible, Frazr, obscure petit service fort de 15.000 membres en Europe à l’époque, avait déjà évolué dans ce sens les trois derniers mois avant de mourir par désintérêt de ses pionniers lambda. Le même cas arrivera pour Twitter ou les premiers bloggeurs, ou twittermaniac, abandonnerons progressivement le service.

Non Twitter ne tuera pas les blogs, il s’en est servit pour exister, mais il tuera les Tabloïds et peut être la presse écrite à coup sur si il évolue encore, sauf que dans cette guerre froide, la réaction des professionnels a été plus rapide que pour les blogs, l’avenir nous dira si c’est une bonne chose ou pas.  Finalement, Twitter aura bien 1 milliard de personnes, mais avec 950 millions de lecteur environ.

USA – NYT 1 – Blog 0…à 2,5h près

Une étude intéressante publiée par le New York Times le week end dernier. Aux Etats-Unis les blogs sont en retard de 2,5 heures sur l’information par rapport aux médias traditionnels. Amusant mais assez faux. Rappelons que les médias traditionnels ont aussi des blogs qui ne sont pas particulièrement mis à jours. Passons sur ce détail. Cette étude est fausse et contestable selon moi pour deux raisons :

  • 1/ Les médias traditionnels sont des canons à dépêches, donc ont tous la même information en même temps et ne sont donc pas en retards mais veulent être le premier sur la ligne d’arrivée.
  • 2/ Lorsqu’un blog donne une information, il n’est souvent pas relayé par les médias traditionnels.

Les journaux battent donc les bloggeurs de 2,5 h sur des histoires, montrant du doigt ces fameux blogs que les journalistes n’aiment pas, ses bloggeurs parasites et qui ne servent finalement à rien d’autre qu’à relayer bêtement une information. C’est peut être vrai, mais pas souvent. Le blog est un outil personnel ou des analyses sont souvent pertinentes, donc un complément à la simple dépêche d’agence. La fameuse valeur ajoutée est indispensable aujourd’hui dans notre soif d’information et de compréhension. Les portails de marque traditionnels diffusent une information brute, sans recul.

Enfin, les blogs donnent des informations, mais ne sont pas relayés par les autres VRAIS médias. C’est une évidence, cela arrive très souvent. Qui n’a pas lu une information sur un site ou portail traditionnel 3 ou 5 jours après l’avoir lu sur un blog ? Cela arrive très souvent, sauf que l’on va croire l’information 3 à 5 jours après, mais pas avant. Paradoxe de l’image.

La course à l’information n’a pas de sens, la Breaking News va bientôt offrir sa nécrologie dans les pages des journaux qu’ils alimentent. Twitter s’en chargera. Les blogs et les médias traditionnels sont en complément, pas en concurrence, Ils peuvent devenir en concurrence par Intérêt. La filtration de l’information est ce qui a causé la situation actuelle de « guerre » entre les deux milieux et cette étude finalement.

Comment réagir à une rumeur ?

Contrairement à ce qu’on pense traditionnellement une rumeur n’est pas nécessairement fausse. C’est juste une information non vérifiée au moment où elle circule oralement. Elle peut s’avérer juste par la suite. Que faire pour réagir face à une rumeur ?

Anticipé est la meilleure des choses à faire, mais il est très difficile de garder un secret très longtemps, surtout si vous passez par des intermédiaires. Une rumeur vous concerne directement ? Première étape, allumez les contre-feux, c’est-à-dire communiquer pour démentir. Toutefois attention à ne pas mentir pour faire face à une rumeur qui s’avérerait dans quelques jours vérifiée. La bonne méthode est de ne jamais répondre directement à la rumeur, mais faire circuler l’information contraire via votre réseau.

Souvent, et historiquement, une rumeur démentie 24h après son annonce est à 90% vraie. C’est une statistique récurrente. Si une rumeur est démentie au-delà des 24h c’est que l’affaire  se trouve en court de négociation,  que rien  n’est encore finalisé et qu’un délai a été nécessaire pour réfléchir à une contre balance. Si la rumeur n’est pas démentie, c’est qu’elle est fausse. Mais il y a un facteur, le buzz, plus une rumeur est « buzzée » plus sa réponse dépendra de l’importance du bruit. Certaine rumeur qui n’ont pas été démentie se sont révélés être vraie car finalement très discrète ou non prise au sérieux par un réseau.