Vers une banalisation de l’information de détail

Ce n’est pas la première fois que j’écris sur le sujet des médias. En amont du Grand Prix de Chine 2012, l’information sur la Formule 1 mue encore et creuse le sillon de la banalisation de l’actualité.

L’autre monde médiatique contourne l’intérêt du lecteur pour l’information au profit d’une désinformation d’intérêt. Le pire et qu’il n’y a pas d’excuse et la confusion n’est absolument pas modifié, car la vitesse de l’information est telle que 24h plus tard il y a l’oublie pour une autre information moins importante et encore moins précise. Mais, c’est l’hyper réalité qui se confirme depuis que je l’avais écrit en 2010.

Ce comportement majoritaire m’a fâché je l’avoue vendredi soir. Le pire est à venir. En voulant absolument avoir l’information et donner l’information de détail aux lecteurs. Mais, en l’enveloppant du divertissement, c’est encore plus dramatique.

Le papier comme marque augmentée

Curieux paradoxe la semaine dernière. Le site internet d’information Rue89, récemment racheté par le Nouvel Observateur, a annoncé arrêter la parution de son mensuel papier au profit d’une stratégie sur tablette, plus prometteuse, selon l’analyse du site français. Alors que dans le même temps, l’éditeur de comics Marvel tente une innovation en fusionnant le papier et la technologie numérique.

Rue89 Le mensuel a été la première tentative en France de reverse publishing, d’un média internet vers le papier. Dès le départ le pari était risqué, mais le succès a été rencontré (19.000 exemplaires en moyenne). Pourtant les coûts pour l’améliorer étaient jugés trop importants et l’arrêt de l’aventure annoncé comme une nouvelle stratégie. Il est à penser que la vérité se cache derrière le rachat du Nouvel Observateur pour 7,5 millions d’euros en fin d’année dernière. Peu importe la raison. Le choix est dommageable à l’heure où la majorité des médias internet d’informations cherchent un modèle économique. A l’avenir, Rue89 va se concentrer sur une série d’application pour IPad et probablement une série d’Ebook (nouvelle mode). Le mensuel aura permis d’établir une marque durablement dans le temps.

Pourtant le papier ne semble pas mort et son avenir semble se conjuguer avec sa numérisation passive.

L’éditeur de Comics (Bande dessinée) Marvel (Spiderman, IronMan, X-men) a présenté il y a 10 jours son programme en deux temps pour rendre plus dans l’air du temps ses outils papiers et entrer enfin dans l’ère du numérique. La première annonce est d’utiliser la technologie de réalité augmentée, sous forme d’une application smartphone qu’il suffira de placer devant une case de BD, ou une image même, pour voir s’afficher à l’écran du contenu exclusif : Making of de l’image, analyse de l’auteur, courte séquence en 3D par exemple. Un complément devant mettre en valeur la page imprimée.

Mais Marvel a été plus loin dans son concept. Présentant Infinite Marvel, sorte de contenus exclusivement digitaux sous la forme de séquence bonus à coupler à un épisode précis. Ce qui permettra, par exemple, de présenter des séquences clés d’une histoire vues de l’œil d’un personnage précis. Cela changera l’expérience de lecture.

Ses applications sont gratuites pour ceux qui achètent la BD version papier, grâce à un code placé à l’intérieur de l’ouvrage qui sera emballé pour l’occasion.

Je me souviens qu’en 2009, l’essayiste Jacques Attali avait lancé le premier Hyper Livre, doté du principe du tag et devant offrir une complémentarité dans la lecture via le smartphone. Une expérience qui n’a pas été renouvelée à cause de son coût important. Toutefois, sachant que le papier deviendra un produit coûteux, autant le rendre séduisant et proposer une expérience nouvelle. En cela, l’initiative de Marvel est des plus intéressantes et offre des perspectives novatrices dans l’édition.

Paradoxe entre Rue89 qui abandonne un produit papier ayant permis de confirmer une marque, mais sans avoir de perspectives de vente suffisante pour viser la masse (la masse étant le seul élément devant justifier des prix de vente de la publicité), et Marvel qui mise sur la réalité augmentée pour justifier un prix de vente déjà important et éviter l’érosion de ses ventes depuis 5 ans.

L’ère de l’info instantanée à durée limitée

the_endLors d’une récente recherche sur le moteur de recherche américain que tout le monde utilise, ou presque, j’ai constaté le manque de présence de certains sites internet dans ses recherches en question. M’interrogeant aussi sur le manque de référencement des grands sites d’informations dans les résultats de recherche, la réflexion est désormais posée : il y a une évolution majeure dans les sites d’informations. L’information instantanée est désormais privilégiée.

Récemment sur ce blog, j’avais pointé un lien vers un article d’un site. Pour relire cet article, j’ai donc cliqué sur ce lien. Surprise, l’article n’existe plus et je tombe directement sur la page d’accueil du site. Pourtant le lien n’avait qu’un mois. La fin des archives ? Probablement que oui, car désormais il n’y a plus de trace d’antériorité. Même sur certains gros blogs américains. Il faut désormais vivre l’instant et oublier le passé. Soit.

Les sites d’informations privilégient désormais un référencement massif sur leur nom de domaine et ensuite une recherche interne d’articles. Ce qui signifie que Google et autre sont désormais moins pertinents pour une recherche poussée d’un document, d’un article etc…

On échange des liens, on réagit sur l’actualité et ce qui fait l’actualité, mais au profit de la home page. Cette fameuse home page que certains avaient annoncés la fin avec l’ère de Facebook et Twitter. Les sites d’informations travaillent désormais leurs marques par le biais de leur site et donc de la home page. Les réseaux sociaux ne sont que des relais de croissances d’image. D’ailleurs ses sites ne proposent absolument pas de contenus spécifiques aux réseaux sociaux…

L’instantanéité de l’information, obsolète après 24h de présence dans le tuyau médiatique, mélangé avec le branding virtuelle poussé à l’extrême, via un SEO de Home Page unique et sans intérêt pour un moteur de recherche, commence à rendre cette même information sans valeur.

Le jour ou l’information n’aura plus aucun intérêt que la nourriture de notre cerveau, pour discussions sans intérêt entre ami.  Il sera peut-être temps de revoir le modèle non ? Cela commence déjà à être le cas. La télévision recommence à devenir un média d’intérêt aujourd’hui. L’Intenet n’est plus ce qu’il était…

La Breaking News devient sociale et dématérialisée

Est t’il utile de créer un site pour diffuser une information  ? Google répond oui alors que Facebook répond non. D’un coté la logique de la machine, de l’autre la logique humaine. Le premier estimant que l’information doit être diffuser le plus largement possible, alors que le second pense que nous avons plus confiance à la proximité d’un ami, partant sur la logique du mail ou de MSN. Tout dépendra de l’utilisé de la diffusions de l’information.

Est ce que l’information a besoin d’une marque ? Les idées passent par ceux qui la diffusent. La confiance passe par là. Une marque est un symbole, mais pour que celle-ci se démarque de la sur abondance d’information sur internet, elle doit faire différent. L’information est uniforme partout, sous forme de dépêches, disponible sur les grandes marques de l’information. Tenter de rivaliser sur ce terrain avec un site ou un blog est peine perdue.

Le titre est la chose la plus lue sur un site d’information. Logique, c’est à partir de là que l’internaute décide de lire un article plutôt qu’un autre. Souvent le titre résume le reste de l’article, que le lecteur derrière son écran ne lit souvent qu’au tiers. Le succès de Twitter vient de là. Les internautes n’ont plus le temps pour les actualités chaudes et font confiances aux files d’actualité qu’ils ont choisis ou celui de leurs amis.

Si vous regardez les chaines d’informations continues, vous lisez surement le déroulant en bas d’écran. Que vous soyez sur BFM ou I-télé, l’important est de savoir, pas la chaine ou l’on est, car l’information est la même partout.

Enfin, voir les bloggeurs qui avant écrivaient sur un blog à longueur de journée, migrés vers Twitter ou Facebook pour diffuser leur essentiel, et conservent des articles de fonds sur leur support web, est intéressant. Les temps changent.

L’information n’a donc pas besoin de marque pour se diffuser et il n’est pas nécessairement utile de faire un site pour diffuser une information.

Un modèle économique pour Bakchich.info ?

Lecteur quotidien du site Bakchich.info, le site est à la recherche d’un modèle éconmique et solicite ses lecteurs, voici donc mon avis sur la question (a prendre ou a laisser).

Je pense que le site devrait axer vos recherche de revenus autour de trois programmes, tous complémentaires.

1/ Sachant l’arrivée de InfoVox (brillante idée au demeurant), et sachant que vous disposé d’une régie pub commune avec ces mêmes sites partenaires, je propose la création d’un moteur de recherche d’information. En effet, la crise économique touchant la publicité sur site et non en recherche tente à me faire croire que cette solution complémentaire est réalisable. Yahoo a mis à disposition Yahoo Boss, via une API permettant la création de moteur de recherche., voir l’exemple de Techcunch.com

2/ Le premium, je suis un bloggeur actif dans le secteur de la Formule 1, et le site référence dans ce secteur est F1-Live.com. Ce site dispose d’une offre premium (6€/mois environs), mais avec divers avantage : le portail premium permet d’avoir accès à un site sans publicité, aux archives, un mag PDF, photo HD, vidéos en exclu etc… finalement un modèle pas si loin de Bakchich. En effet, le site peut proposer une offre payante globale avec l’idée de la non publicité (renforçant l’idéologie d’indépendance et rassurante pour le lecteur-client. Les OFF sont déjà payantes, idem pour l’Hebdo. Renforcer l’offre d’une exclu vidéo de la TV par exemple avec 24h d’avance sur diffusion gratuite.

3/ Produit dérivés, j’entends par là non pas la vente de T-shirt, mais plus globale, car tout le monde sait que ce qui faisait vivre un portail comme Yahoo c’est l’horoscope, les sites de rencontres etc… des services en partie gratuits qui sont ensuite payant. Imaginons un réseau social-rencontre payant de Bakchich, qui permettra de cultiver le « mauvais esprit » mais aussi se faire rencontrer des personnes de même idéologie, ce service peut être gratuit pour l’inscription et payant pour la participation. Ce produit peut être relié au service premium éventuellement dans un pack super prémium.

95% du site sera gratuit et doit le rester mais les 5% restant doivent être ayant et diversifier l’offre pour rendre l’histoire attractif.

La relflexion de Bakchich est toutefois intéressante et révélatrice d’un esprit pionnier toujours encourageant. Toutefois avant de savoir, il faut tester.