Trump et sa communication

L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis relève du malaise ou d’une prise de conscience. L’homme a joué un rôle médiatique qui lui va à la perfection et sa communication troublante ouvre une ère nouvelle et simple.

Obama avait été le premier à utiliser les médias et les réseaux sociaux comme vecteur de mobilisation et d’unification. Illustrant à la perfection son slogan « Yes we can. » Trump et son équipe de communication ont parfaitement utilisés les médias et les réseaux sociaux, comme des outils. Déshumanisant l’histoire d’Obama pour en sortir un aspect sombre, mais efficace.

Estimant que les médias traditionnels sont à la solde des institutions, Trump n’a pas cherché à transmettre un message, mais générer une émotion. D’ailleurs, durant la première partie de sa campagne pour les primaires républicaine, les chaînes de télévisions et journaux ont largement exposé le candidat Trump, excluant toute alternative dans son camp et sans analyses, sans filtres. Puis lorsque qu’il a été élu à la Primaire, les médias ont lâché (hormis Fox News) et ironisé sur le candidat. Enfin, dans la dernière ligne droite, Trump a été lynché, selon la traditionnelle formule mise en place : exposé, lâché, lynché.

Concernant la stratégie Facebook et Twitter elle est aussi révélatrice d’une savante analyse. Nous quittons ici le monde « bisounours » d’Obama pour la réalité. Twitter est devenu la première plate-forme du harcellement ? Trump a passé son temps à humilier, écraser et moquer ses adversaires (médias, Hillary Clinton, people, des démocrates lambda etc…). Cette stratégie a fait de lui un personnage perçu comme sachant s’imposer et imposer ses convictions.

Ses messages Twitter sont aussi une savante analyse génératrice d’émotion. Ses tweets politique étaient construit en trois temps :

  1. L’appel à la logique (Logos)
  2. La crédibilité (Ethos)
  3. Lémotion (pathos)

Pauvre Aristote, son modèle de persuasion en 140 signes doit lui faire mal.

Idem concernant Facebook. Le réseau est devenu la première plate-forme de désinformation de la planète (si si désolé) et l’étude réalisée par le site BuzzFeed a montré que 6 pages partisanes ont joué un rôle moteur dans l’information politique de la campagne 2016 sur Facebook. Trois pages conservatrices ont communiqué 38% de contenus mensonger (et 3 pages démocrates pour 19% de mensonges). Pire, l’information se propage très rapidement, comme par exemple la nouvelle affirmant que le Pape François soutenait officiellement la candidature de Donald Trump (partagé 1 millions de fois). Le mensonge a répétition induit l’illusion de vérité (selon Lynn Hasher), il est impossible pour les médias traditionnels de corriger les messages. Donc Trump a joué avec cela durant la majorité de sa campagne.

L’élection de Trump illustre assez bien une situation du paysage médiatique : Les médias traditionnels ne font qu’illustrer, commenter et moraliser (faute de moyen humain et intellectuelle) et cette pratique se retrouve dans le comportement dans les réseaux sociaux : les internautes  ne s’éduquent pas, ne tentent pas de se convaincre (comme à l’époque d’Obama), mais s’invectivent et se donnent des leçons de morale. Un effet miroir avec le comportement des journalistes.

L’enseignement principal de l’élection 2016 aux Etats-Unis et que nous avons probablement quittés une ère pour une autre. Obama a été le dernier président à raconter une histoire pour mobiliser les gens autour de sa candidature. Une page se tourne…